Financer un voyage à vélo

Publié le par Sylvie

C’est une des premières questions qu’on nous pose : ‘où trouvez-vous les sous pour voyager aussi longtemps ?’.

Il faut d’abord démanteler un mythe : oui, nous avons des économies mais, essentiellement, nous ne voyageons pas pendant deux ans de la même façon que lorsque nous partons deux semaines en vacances.

Tout dépend de la façon dont vous décidez de vous équiper et de voyager. Il y a autant de façons de voyager qu’il y a de cyclistes. Vous pouvez acheter le vélo dernier cri et loger à l’hôtel toutes les nuits pendant votre voyage ou partir sur un vélo d’occasion, vous fabriquer vos sacoches (on connait des cyclistes avec des sacoches faites maison !) et faire du camping sauvage. Ou encore, partir avec un bon vélo et, une fois sur la route, alterner camping sauvage et petits hôtels…

Un voyage à vélo se finance en deux fois : la première, avant le départ, quand vous travaillez et économisez tout en rêvant sur les sites d’autres voyageurs. La deuxième, pendant le voyage, quand vous surveillez votre budget tous les jours et comptez la moindre bière. On pourrait même ajouter une troisième fois si vous décidez, à votre retour, d’exploiter votre voyage sous la forme d’un livre, de conférences, de photos…

Nous nous sommes peu penchés sur la question du financement avant le voyage (à part travailler dur !), les solutions ci-dessous sont celles que nous avons pu voir au gré de nos rencontres avec d’autres cyclo-voyageurs.

 

Gagner de l’argent avant le départ

Travailler et économiser

La solution la plus évidente ! Réfléchissez à toutes les façons d’économiser : moins de sorties, de vêtements neufs, de livres, de vacances… Avez-vous vraiment besoin d’une voiture ? Pouvez-vous loger dans un appartement plus petit et moins cher ? Certains cyclos logent chez leurs parents quelques mois voire plus afin de faire des économies substantielles.

Habitant à Londres et travaillant à notre compte, nous avons enchaîné les missions tout en vivant en colocation. Pendant deux ans, toutes nos dépenses sont parties dans les vélos et l’équipement. Un gros investissement car nous n’avions rien au départ.

Sponsoring

Deuxième solution la plus évidente. Montez un dossier présentant votre projet et frappez aux portes des sociétés que vous pensez pouvoir être intéressées par votre voyage. Suivant les sponsors, vous aurez plus ou moins de contraintes : être dans ce pays à telle date, faire des conférences à votre retour. De nombreux voyageurs montent une association et choisissent un thème humanitaire pour donner un sens à leur voyage et motiver les sponsors.

Nous n’avons pas cherché de sponsors car nous voulions voyager librement, en ayant la possibilité de changer notre voyage au fur et à mesure. A cause des ‘mauvais genoux’ de Sylvie, nous ne savions pas non plus jusqu’où nous pourrions aller. La recherche de sponsors prend aussi énormément de temps.

Partenariat

Cela ressemble à du sponsoring sauf qu’au lieu de recevoir de l’argent, vous recevez du matériel. Envoyez un dossier de quelques pages présentant votre projet à toutes les marques d’équipement dont vous avez besoin et vous obtiendrez soit des remises (Patagonia fait couramment 40% de réduction) soit du matériel gratuit. La boutique en ligne Cyclo-Randonnée soutient chaque année un projet de voyage à vélo.

Projets jeunes

Les banques (comme le Crédit Mutuel), les communes, votre région, le gouvernement (comme le Haut Commissariat à la Jeunesse) et sûrement d’autres organismes soutiennent financièrement chaque année des projets montés par des jeunes (-25 ans, -30 ans … la définition ‘jeune’ varie probablement avec chaque organisme).

La famille, les amis et ceux qui vous suivent

Certains cyclistes proposent le financement au km, la vente de t-shirts et, pour ceux qui aiment les paysages lointains, l’envoi de cartes postales… à vous de trouver comment motiver votre entourage pour vous aider à financer votre projet.

 

Economiser pendant le voyage

Très difficile au début d’autant plus que nous avons commencé notre voyage par l’Europe. Nos deux premiers mois de voyage se sont déroulés dans un environnement similaire à celui que nous connaissions (avec toutes ses tentations !), cher mais sans les salaires auxquels nous étions accoutumés. Nous avons donc dû, petit à petit, lâcher toutes nos habitudes confortables.

Tenir un budget

Fixez-vous une limite quotidienne en fonction de vos économies (et du niveau de vie du pays si besoin), notez vos dépenses tous les jours et comparez.

Nous tenons un petit agenda au jour le jour où nous notons tous les chiffres de la journée : km, vitesse moyenne bien sûr, mais aussi toutes nos dépenses groupées en catégories (dormir/manger/transport/autres). A la fin de la semaine et du mois, on fait le total … et on avise (moins de bières pour Ben !!). Diviser nos dépenses en catégories nous permet de savoir quel est notre plus gros poste de dépense et d’ajuster en fonction.

Etre à l’affût

Dans les villes les tentations sont nombreuses d’autant plus que nous sommes habitués à dépenser quand nous travaillons (un café, une glace, un resto…). Tenir un budget vous permettra de rester vigilant. Accordez-vous un petit plaisir de temps en temps pour éviter de craquer après un mois d’ascèse ! Soyez également à l’affût des façons d’économiser selon le pays : camping sauvage, logement chez les locaux, petits restos en bord de route, cuisiner soi-même si les restos sont trop chers (aller au resto le soir après une journée fatigante est très tentant … tout comme de dormir en auberge parce qu’il fait froid, qu’on est fatigué et qu’on n’a pas le courage de monter la tente). En Asie, Amérique du Sud et Afrique, n’hésitez pas à marchander : au marché bien sûr mais aussi à l’hôtel (pour peu que vous soyez en basse saison ou que l’hôtel ait quelques chambres de libre, le propriétaire vous fera au moins une réduction de 10% s’il ne veut pas perdre un client), avec les tuktuks, parfois dans les petits restos. En Argentine, nous avons même eu une réduction de 10% pour le trajet en bus à Iguazu (nous étions six cyclistes).

 

Travailler

Tout dépend de la façon dont vous envisagez votre voyage… pédaler et voyager en changeant d’endroit fréquemment ou prendre votre temps. Nous avons rencontré plusieurs cyclistes pour qui le voyage était devenu un mode de vie : ils pédalaient quelque temps puis s’arrêtaient à un endroit pour travailler et remplir la caisse de bord (nous avons par exemple rencontré un cycliste allemand en Patagonie qui travaillait de temps en temps comme porteur pour les marches en montagne).

Quelques idées : tous les ‘petits boulots’ comme serveur/vendeur etc., écrire des articles ou publier des photos pour des magazines de voyage, faire du WOOFING (travail dans une ferme bio en échange du gîte et du couvert)…


Exploiter son voyage au retour

Quelques idées pêle-mêle : écrire un livre, publier ses photos, donner des conférences, écrire des articles pour des magazines spécialisés…

Publié dans Infos pratiques

Commenter cet article