15 bonnes raisons de voyager à vélo

1. Les rencontres inattendues

- On demande à un couple sur le bord de la route où on pourrait planter notre tente et on se retrouve invité à un mariage le soir-même (Ouzbékistan)

- Un arrêt d’une nuit dans un relais routier se transforme en la découverte sympathique d’une petite ville sans prétention avec des étudiants (Osmancik, Turquie)

- Une simple crevaison nous permet de rencontrer deux familles formidables et de passer une semaine avec eux (Unye, Turquie)

- A­­ssis sur un banc, un soir dans un parc avec nos vélos, nous attirons l’attention d’une jeune Malaysienne qui nous invite pour la nuit dans sa petite chambre d’étudiante (Wakayama, Japon)

… et tant d’autres histoires qui ne nous sont jamais arrivées lors de notre précédent voyage en bus et en train en Asie (10 mois en 2005). Le vélo permet d’être beaucoup plus flexible, pas de billet de bus ou d’avion à changer, ce qui permet d’aller avec le courant facilement. On nous invite ? On reste ! Le fait d’être dehors toute la journée nous permet d’être en contact avec énormément de gens, d’où plus de rencontres.

2. Le contact avec les gens

Faites un essai…voyagez une semaine sac au dos puis enfourchez votre vélo et parcourez la même région. Vous n’aurez pas le même contact avec les gens que vous rencontrez sur la route. Vulnérabilité face aux éléments, effort physique et mental fourni, simplicité du mode de transport … Nous avons du mal à expliquer pourquoi mais un cycliste et son vélo engendrent la plupart du temps des réactions positives chez les gens : du petit geste gentil comme le cadeau d’un sac de mandarines (une dame japonaise sur l’île de Kyushu) à l’invitation à la maison pour une semaine (une famille iranienne à Téhéran). Nous avons constaté la différence du voyage à vélo lorsque nous avons roulé en Thaïlande et au Laos, pays que nous avions déjà visités en 2005.

3. Le camping dans les petits coins tranquilles

Au sommet du Sharyn canyon (Kazakhstan), sur les rives du lac Song Kul (Kirghizstan), en haut d’une colline en surplomb des rizières moissonnées (Japon), au bord d’un lac miroir au pied des Andes (Chili)…

4. Le plaisir de la continuité

Le vélo nous permet de découvrir ce qu’il y a entre deux villes. Champs, montagnes, villages, désert, collines … dans un bus lancé à 100 km/h bien malin qui peut dire si la route monte ou descend et de quelle couleur sont les petites fleurs sur le bord de la route ! La vie dans les campagnes est aussi bien différente de celle dans les villes. Parfois des gens vivent sans électricité ni eau courante à 20 km d’une ville… Toutes choses qu’on ne soupçonne pas quand on voyage ‘en pointillés’ dans un bus.

5. La communauté des cyclistes

On nous demande souvent ‘et vous rencontrez des gens de temps en temps ?’. Une fois qu’on se lance dans le voyage à vélo, on découvre une vraie communauté, comme une famille : ceux qui sont revenus d’un voyage et préparent le suivant, ceux qui roulent et ceux qui partent pour la première fois. Nous rencontrons des cyclistes sur la route, nous en croisons certains plusieurs fois et nous en rencontrons d’autres sur internet, au détour d’une recherche sur tel vélo ou tel pays.

6. La satisfaction de l’effort fourni

On le dit souvent, l’effort physique libère des endorphines, source de bien-être. C’est peut-être pour ça qu’on se sent en manque après quelques jours d’arrêt ! Avec le vélo, nous avons aussi la satisfaction de considérer la journée écoulée et de savoir que ces 50 ou 100 km, c’est à la force de nos mollets que nous les avons parcourus.

7. Le plaisir de pouvoir manger sans compter

Le proverbe cycliste … ‘Qu’importe une glace aujourd’hui, demain elle sera éliminée’ !

8. Le sport est bon pour la santé

Si vous n’aimez pas les glaces, vous aurez le bénéfice de perdre du poids, baisser votre tension artérielle, améliorer votre souffle etc. etc. Petit bémol, la plupart des filles que nous croisons ne perdent pas de poids tandis que les garçons, si ! C’est injuste la nature. Il y a aussi les (rares) cas de cyclistes qui prennent du poids en voyage … trop de glaces ?

Le vélo est un sport doux. Chacun va à sa vitesse et parcourt la distance qu’il veut/peut. Nous ne nous sommes pas du tout entraînés avant ce voyage et nous avons commencé par faire 20 à 40 km par jour avant d’augmenter la distance quotidienne petit à petit (jusqu’à faire 187 km un jour, en Chine !). Nous voyons beaucoup de retraités à vélo, et certains ne se mettent au voyage à vélo qu’à l’âge de 50 ans ou plus.

9. Repousser ses limites

Une côte de 6 km qui nous paraissait insurmontable le premier mois, nous semble aujourd’hui un jeu d’enfant. Le corps s’endurcit à l’effort, les muscles se développent mais c’est surtout le mental qui se transforme. Parcourir 50 km sous la pluie et dans le froid sur une piste en terre vallonnée demande du cran et de la ténacité qui s’acquièrent petit à petit. Après avoir sué et déprimé sur cinq montées ‘interminables’ de 15 km, la sixième côte ne vous fera ni chaud ni froid !

Soyez doux avec vous-même et augmentez la difficulté à votre rythme. Partir par exemple à vélo pour un pays à la culture très différente et aux routes mauvaises sans avoir ni l’expérience du vélo, ni du voyage à l’étranger peut très bien se passer comme tourner au cauchemar. A vélo, ce qui importe, c’est la force mentale, pas tant la force physique.

10. L’autonomie et la flexibilité

Une fois qu’on a le vélo, les sacoches et tout ce qui va dedans, on va où on veut, quand on veut. Fini : ‘ce bus est complet … celui-là ne circule que le 1er jeudi du mois’.

Changer de route… Un chemin est plus joli qu’un autre, cette route est fermée, ce village-ci est plus agréable … il suffit de tourner le guidon !

S’arrêter quand on veut… sur un vélo ‘lancé’ à 15 ou 20 km/h, il est facile de s’arrêter exactement à l’endroit-qui-donne-un-angle-parfait pour une magnifique photo. On peut aussi s’arrêter presque immédiatement quand on passe un autre cycliste ou quand un Kirghize nous invite à boire le koumis chez lui (lait de jument fermenté).

11. Se déplacer facilement avec tout son bazar

Qui n’a pas sué pendant 2 h sous son sac à dos à la recherche de ‘l’hôtel sympa et tranquille’ ? A vélo, les recherches prennent moins de temps et c’est le vélo qui porte les bagages (bon, nous aussi, un peu !)

12. La vitesse à ‘taille humaine’

A vélo, on passe d’un paysage à l’autre sans heurts, les visages des peuples changent en douceur et on ne souffre jamais du décalage horaire.

13. Le voyage coûte moins cher

Finis les tickets de bus ou de train (ou l’essence et les péages de la voiture). Une fois le vélo et le matériel rentabilisé, il reste le coût de ‘l’essence du cycliste’, c’est-à-dire la nourriture, le camping ou l’hôtel et les occasionnelles réparations du vélo. Comme à vélo on peut s’arrêter au milieu de nulle part, il est très facile de faire du camping sauvage ou de demander à un fermier pour planter la tente dans son champ. Le vélo permet de bien baisser les coûts dans un pays cher comme le Japon par exemple (c’est tellement sécurisé qu’on peut camper sur les aires de repos en bord de route !).

14. La Terre respire

Même si vous n’êtes pas à fond écologique (ça nous arrive de prendre l’avion), le résultat est là, voyager à vélo signifie moins de pollution, moins de CO2, moins de bruit (nous voyons beaucoup d’animaux quand nous sommes à vélo)…

15. Mécanique facile à réparer

Changer une chambre à air, un patin de frein, un câble de dérailleur … la mécanique du vélo est à la portée de tout le monde. Si vous ne voulez pas vous embêter ou que vous détestez la mécanique (certains cyclistes comme la circumvoyageuse Anne Mustoe sont partis sans savoir réparer une crevaison), il est toujours possible de faire réparer son vélo pour pas très cher dans un garage.