L'Europe à l'autre bout du monde

Publié le par Sylvie

Auckland - Christchurch ... 21/01 - 04/02

Après une semaine de repos chez Yannick et Stéphanie, nous voilà repartis pour l'aéroport. Nous prenons un pick-up pour que les vélos et les sacoches tiennent dans le coffre. A l'aéroport, ce que nous craignions le plus arrive. On nous avait dit à Chiang Mai au bureau de Thai Airways que nous n'aurions pas à payer pour les vélos. Malheureusement ce n'est pas le cas... En plus, les tarifs ont augmenté de plus de 30% ! Nous payons plus de 25 euros par kilo excédentaire et nous en avons 30. Encore heureux que Ben ait la carte Star Alliance Gold qui lui donne 30kg gratuits. Ce ne sera pas le cas au retour, ce qui veut dire 60kg en excès, soit plus de 1500 euros, c'est de la folie ! Nous essayons de faire attention tous les jours pour ne pas trop dépenser et voilà qu'on nous extirpe 800 euros d'un seul coup, vraiment pas cool Thai Aiways ! D'autant plus que le système de poids n'est pas juste. C'est vrai, si on veut un système basé sur le poids, il faut pousser le raisonnement jusqu'au bout: pourquoi payerais-je le même prix que quelqu'un qui fait le double mon poids ? Les Américains l'ont compris et appliquent un système basé sur le nombre de pièces. Après avoir bien fait comprendre que nous n'étions pas contents, nous partons dégoûtés. 'Allez viens Sylvie, on va se défoncer à la lounge, il faut que l'on arrive à boire pour 800 euros de bière en deux heures!  Ça doit bien faire 800 bières, tu crois qu'on peut en prendre avec nous ?'

 

Le vol se passe bien, nous avons une place au niveau de la porte de secours, la nourriture est bonne et le système vidéo excellent. Heureusement, parce que Ben rêve depuis deux semaines à tous les films qu'il va pouvoir regarder ... une déception aurait été catastrophique !

Nous arrivons à Auckland après 11 heures de vol. L'immigration se passe sans problème même si nous avons oublié notre billet pour l'Australie dans les bagages en soute (la preuve que nous quittons la Nouvelle Zélande dans moins de 3 mois). L'inspection sanitaire se passe elle aussi très bien. Les vélos, la tente et les chaussures sont jugés aptes à rentrer sur le sol néo-zélandais sans même une inspection.

Nous prenons une navette jusqu'au centre ville. C'est pratique, les navettes sont équipées d'une énorme remorque où on peut mettre les vélos. Le chauffeur est très sympathique, il nous fait la causette pendant tout le trajet. Impression bizarre d'être au bout du monde dans un environnement européen. Enfin en très propre, c'est la Suisse ici !

Ce qui est aussi surprenant, c'est le décalage horaire. On a l'impression d'être en avance sur le monde, 12 heures de décalage avec l'Europe, 18 heures avec la côte est des Etats-Unis. Le 21 janvier au soir, on apprend par la télé que c'est l'inauguration et le bal pour les Obama. Un regard entre nous : 'L'inauguration n'était pas censée être le 20 ?' Eh oui, le fameux décalage horaire a encore frappé !

Nous arrivons enfin à notre palace. Héhé, avec les points de Ben, nous avons réservé trois nuits au magnifique Hilton de Auckland. Il se trouve sur les docks en plein centre ville. De vrais backpackers quoi. C'est vraiment pratique ces points, d'autant plus que la vie en Nouvelle Zélande est assez chère (un peu moins qu'en France). Malheureusement cela ne durera pas éternellement, snif, snif, le nombre de points diminue vite (d'ailleurs n'hésitez pas à faire don de vos points Hilton ou Holiday Inn si vous en avez trop :op).

Nous visitons le centre ville d'Auckland mais il est déjà 18h, nous sommes en semaine, la ville est déserte. C'est déconcertant après avoir passé une semaine à Bangkok qui bouillonne en permanence. La ville est très agréable, surtout le front de mer avec tous les bars et restaurants qui s'animent le vendredi soir et le week-end. Le niveau de vie est élevé mais les salaires sont relativement bas par rapport à la France. Les taxes sont élevées mais l'essence est deux fois moins chère. On a une impression de sécurité mais lorsqu'on lit les journaux, on réalise que la Nouvelle Zélande n'échappe pas à la montée de la violence. Il y a quelques gratte-ciels mais dès que l'on s'écarte du centre et que l'on rejoint les quartiers résidentiels, il n'y a plus que de belles petites maisons comme au Canada.

Nous passons trois jours plaisants à Auckland avant de prendre le bus pour Rotorua. Les transports en commun ne sont pas très développés et assez chers :

-          un train par jour entre Auckland et Wellington, la capitale

-          un train par jour entre Picton et Christchurch (île du sud)

-          3 à 4 bus par jour pour Rotorua et Taupo (destinations touristiques de l'île du nord)

Les gens ont tous des voitures et utilisent peu les transports en commun. Ceux qui voyagent louent ou achètent une voiture ou un van.

Rotorua est une petite ville touristique au centre de l'île du nord. Beaucoup de musées et d'activités sportives au programme. Nous décidons de rester au camping un peu en dehors de la ville. A peine arrivée, Sylvie se plaint déjà de ses chevilles, ça promet !

Le camping est très chouette, sanitaires propres, cuisine propre et salle à manger avec télé oulala :o). Nous partons faire les courses à vélo mais, au retour, Sylvie a très mal aux chevilles. Il est maintenant clair que l'on doit abandonner l'idée de faire du vélo en Nouvelle Zélande. Grosse déception, en plus c'est l'anniversaire de Sylvie, beau cadeau n'est-ce pas ! Nous étudions les différentes options mais ce n'est pas évident, nous sommes encore sous le choc. Le lendemain, nous nous changeons les idées à Wai-O-Tapu, un site géothermique actif avec des geysers, mares de boue glougloutantes, sources chaudes etc. C'est magnifique, des lacs d'eau chaude de couleurs différentes se succèdent, bleu, vert, rouge orangé, un vrai arc-en-ciel. On passe aussi des cavités pleines de boue en ébullition, romantiquement appelées 'la grotte du Diable' ou 'le bain du Diable'. Les noms sont justifiés, une odeur d'œuf pourri embaume les lieux en permanence. Il parait que les effets de l'éruption volcanique du mont Taupo ont été ressentis jusqu'en Europe. Enfin comme c'était il y a des milliers d'années, personne ne peut vraiment savoir...

Nous décidons de partir directement pour Wellington puis Christchurch. Tongariro, le deuxième site que nous voulions visiter sur l'île du nord, est trop difficile d'accès en bus, en particulier avec les vélos qui nous coûtent 10$NZ à chaque fois (4 euros). Lorsque nous achetons nos tickets de bus au i-Site (office du tourisme), nous découvrons le charme de l'accent néo-zélandais. La jeune fille nous indique à quelle heure nous devons présenter au bus. Au lieu d'entendre 'check-in at ten to ten', nous comprenons 'chicken at tin to tin' ! Ça deviendra notre blague favorite !

8 heures plus tard, nous voilà dans la capitale. Des bourrasques violentes nous accueillent, Wellington est la ville la plus ventée de Nouvelle Zélande et c'est peu dire ! Nous plantons la tente au camping sur les hauteurs de la ville, tant bien que mal, bousculés par les rafales de vent. Nous ne craignons pas pour notre tente qui semble tenir bien le vent mais plutôt les autres tentes qui ne sont pas très bien plantées. Une s'est déjà envolée et oscille contre le mur du fond. Dans la cuisine, nous rencontrons Alex, un Français très sympathique venu travailler et voyager en Nouvelle Zélande. De nombreux voyageurs prennent un visa voyage/travail afin de visiter et gagner un peu d'argent en Australie ou en Nouvelle Zélande. Nous passons une très bonne soirée avant de retrouver notre petite tente qui tient bravement tête à un vent terrible. Qu'est-ce qu'on est bien, au chaud dans son sac de couchage douillet. Notre seule hantise c'est de devoir nous lever pendant la nuit pour aller aux toilettes. Le lendemain, visite de la ville. Wellington est agréable mais sans plus, le vent n'aide pas. Par contre, le musée Te Papa est très intéressant, beaucoup d'expositions interactives, on s'amuse comme des enfants. On découvre l'histoire de la Nouvelle Zélande et de ses différentes ethnies d'un point de vue historique, géographique, environnemental... Nous avons également pris notre décision quant à la suite du voyage : nous irons directement à Christchurch où nous avons un contact afin de laisser les vélos et louer une voiture pour faire le tour de l'île du sud. Petite consolation, nos amis Marion et Matthieu sont également en Nouvelle Zélande pour un mois en van. Nous pourrons donc faire le tour avec eux.

Le lendemain, départ très tôt le matin afin de prendre le premier ferry pour Picton, un port sur l'île du sud. La traversée ne dure que 3 heures. La dernière heure est la plus intéressante, le bateau longe le fjord qui mène à Picton. Nous apercevons de nombreux cyclistes à bord du bateau, c'est dur ! Après une heure d'arrêt à Picton  nous continuons à bord du train 'Tranz-Coastal' jusqu'à Christchurch. C'est un train scénique qui longe la côte est. A travers les grandes fenêtres, nous admirons la mer, les montagnes, les prés où paissent de nombreux moutons (dix moutons pour un Néo-Zélandais ... soit 40 millions de moutons) et les otaries qui se chauffent au soleil sur les rochers. Le long de la côte, les vagues viennent se casser sur de gros rochers bruns et le regard se perd à l'horizon en suivant les teintes d'un bleu turquoise. Une impression de pureté se dégage des paysages, le vert tendre des pâturages, le bleu layette du ciel, le bleu lagon de la mer près de la côte, bleu profond au large ... même les nuages ont l'air d'être passés à la machine, si blancs. La voie ferrée ne longe pas toujours la côte. Par endroits, le train passe entre deux collines et traverse de grands prés où gambadent les moutons. Des fermes ont été construites ça et là. Le trajet est émaillé des nombreux commentaires du contrôleur, des petites histoires sur les endroits que nous traversons. Le conducteur ralentit même à certains endroits pour permettre aux gens de prendre des photos des phoques ! A mi-chemin, le train s'arrête au milieu de nulle part et on nous annonce avec nonchalance que notre chauffeur échange avec le chauffeur du train de marchandises qui va en sens inverse. Pratique, comme ça chacun dort chez soi ce soir.

A la gare de Christchurch, Liz et Steve, des amis d'amis de Londres (merci Adrian !), nous attendent. Nous ne nous sommes jamais vus. Liz a déjà demandé à une dame qui semblait être cycliste si elle s'appelait Sylvie ! Nous sommes accueillis et traités comme des rois. Liz nous a préparé une belle petite chambre et Steve, un superbe barbecue avec de l'agneau et du bœuf, Ben le carnivore est aux anges. Rob et Tom, leurs deux fils de 19 et 16 ans, sont également là. Nous passons quatre jours à profiter de notre famille d'accueil et de Christchurch. C'est une jolie petite ville qui alterne styles moderne et classique comme à Cambridge (d'ailleurs ici aussi on peut louer des gondoles). Il y a beaucoup d'activités, de jardins et de festivals. Le temps change tellement rapidement ici qu'il se peut que notre vision des villes soient un peu altérées : Wellington, visité dans le vent et sous les nuages, nous a moyennement plu. Christchurch nous a gratifié de quatre jours de beau temps et nous avons apprécié cette petite ville.

Nous en profitons pour faire un petit passage chez le médecin : clinique de sport pour Sylvie où un médecin la rassure, la tendinite est une pathologie connue, et lui donne une routine d'exercices à faire deux fois par jour. Comme vous vous en doutez, elle est ravie ! Après les genoux, les chevilles. Quant à Ben, le dentiste lui découvre une carie indécelable à part avec une radio ... il lui arrive toujours des trucs bizarres ! Nous récupérons notre voiture, une belle Subaru Legacy argentée (pensez Peugeot 405 break), juste la voiture que Ben voulait. Bien qu'il ne conduise pas, ses critères sont beaucoup plus exigeants que ceux de Sylvie... c'est vrai, un volant et 4 roues, ça suffit non ? Un petit test et nous sommes rassurés, nous pourrons dormir dedans.

Publié dans Nouvelle Zelande

Commenter cet article