Un bain chaud

Publié le par Sylvie

Louang Prabang - Vientiane ... 09/12 - 18/12


Depuis qu'on a atterri à Bangkok, on attend Louang Prabang avec impatience. On a gardé le souvenir d'une petite ville au style colonial préservé, paisible bien que touristique. Notre enthousiasme est légèrement douché quand on arrive dans le centre. Le prix de la guesthouse où on était il y a trois ans a triplé et est maintenant hors de notre budget (prix monté de 90.000 à 250.000 kips soit de 8 à 22 euros). Les autres guesthouses aux alentours nous annoncent directement le prix en dollars (40$, on croit rêver !). Tous ces hôtels ont eau chaude, TV satellite, frigo, air conditionné, ce qui leur permet de demander des prix aussi élevés. On finit par trouver une guesthouse paisible à un prix raisonnable dans une petite ruelle adjacente. La chambre est petite mais toute en bois comme on aime. Il y a un même un balcon à l'étage avec de l'eau chaude pour le thé et le café et c'est là qu'on prendra nos petits-déjeuners. Trish et Dimitri préfèrent une autre guesthouse, un peu moins chère et le lendemain, ils s'excentrent pour une chambre encore moins cher. Un peu ébranlés, on va faire un tour dans la rue principale. Les prix ont aussi augmentés mais pas autant que les hôtels. Le marché de nuit a pris une ampleur considérable. Il y a trois ans, une centaine de femmes présentaient des souvenirs sur des tissus à même le sol. Les étals au sol n'ont pas changé mais il y en a trois fois plus et ils sont tous couverts d'un dôme en tissu. Ce sont les mêmes objets qui reviennent, étal après étal : sacs à main brodés, coussins et housses de couette décorés de motifs géométriques, écharpes en soie et en coton. Il y a aussi quelques objets en bois et des bijoux. Au bout de trois soirs passés à arpenter les allées, on se sent gagné par la lassitude. Comment chaque femme gagne-elle sa vie alors que ses voisines vendent exactement la même marchandise ? Au bout du marché de nuit se trouvent les étals de nourriture et c'est là que viennent dîner tous ceux qui ne peuvent pas se permettre les restaurants du centre ville. Poulet grillé, poisson en croûte au sel, rouleaux de printemps, nems, et un buffet végétarien satisfont notre appétit du soir. Dans la journée, on se régale de sandwiches au poulet faits avec de vraies baguettes. On retrouve le couple suisse et Carole (la cycliste anglaise) rencontrés à Chiang Saen. On revoit également le couple suisse rencontré à Mouang Beng sur leurs vélos à une vitesse. Ils ont réussi à faire la route jusqu'à Pakbeng mais ils n'ont déjà plus de patins de frein.

Ayant déjà visité Louang Prabang, on passe beaucoup de temps à ... ne rien faire ! Le matin, il fait froid et brumeux jusqu'à 11h donc on reste au chaud dans la chambre. L'après-midi, on va se promener avec Dimitri. Les garçons changent l'huile du Rolloff de Carole (au lieu de plusieurs pignons et plateaux, elle n'en a qu'un et le moyeu arrière est l'équivalent d'une boite de vitesse). Surprise, on croise dans la rue un couple hollandais rencontré à Yazd, en Iran ! Ils voyagent avec les transports en commun et trouvaient aussi qu'il faisait trop froid en Asie Centrale pour continuer.

Le dernier jour, on fait un petit tour pour aller voir le plus beau temple de la ville mais il est maintenant payant, tant pis. Dimitri rencontre aussi par hasard un Hollandais qui organise des circuits à vélo en Thaïlande, Vietnam et Laos. Par chance, un de ses clients lui a envoyé le profil des deux prochaines étapes (enregistré sur son ordinateur de vélo). Le jour où on quitte Louang Prabang, il y a 40 km de montée et 2000 m de dénivelé... Dimitri et Trish partent un jour avant nous, on les retrouvera à Vang Vieng.

Les 25 premiers km montent et descendent puis on attaque la première montée de la journée, 15 km plus raides que l'étape Oudomxai - Pakmong. Le paysage a changé, la route serpente à flanc de montagne entre des collines très rapprochées. Chaque colline semble avoir des arêtes auxquelles la route s'accroche. A chaque tournant, on pourrait penser que c'est le dernier mais on découvre un nouveau pan de montagne. Quelques portions sont particulièrement raides, 12 ou peut-être 14%. Le compteur affiche 4km/h, parfois moins et on met toute notre énergie pour tirer et pousser sur les pédales, au ralenti. Heureusement ces fortes pentes ne durent pas plus d'un km et, en haut, la pente semble s'aplatir. On ne saute pas de joie, la route parait plate mais on sait que c'est un effet d'optique, la pente est seulement plus faible. Le compteur grimpe à nouveau : 5 ... 6 ... 7km/h youhou ! Eh oui, on est heureux quand on remonte à 7-8 km/h. Et quand on monte à 10-11, on arrête de pédaler, la pente semble descendre ! Connaître le kilométrage exact d'une montée joue sur le moral. Même si on fait du 5km/h de moyenne, on suit le progrès sur le compteur et on fait la soustraction pour savoir combien il reste. On regarde aussi défiler les bornes kilométriques avec les prochains villages et aussi parfois 'Capital city'. Dans la descente, les tournants sont tellement rapprochés qu'on ne peut pas doubler. Un camion juste devant nous nous fait profiter de ses gaz d'échappement. Il va moins vite que nous mais refuse de se ranger. On fait donc la pause déjeuner au soleil avec une vue magnifique sur les collines bleues qui s'effacent dans le lointain. Les montagnes sont tellement escarpées qu'il n' y a plus de rizières ou de champs de maïs comme avant Louang Prabang. Les villages nous semblent plus pauvres, plus sales et les gens ne sourient pas autant. Ils nous regardent passer comme si on était des Martiens. On continue notre descente avec prudence. On voit régulièrement des marques à la craie sur la route. On pense que c'est une voiture ou un camion qui a eu un accident et ils ont marqué la silhouette sur la route... on préfère ne pas connaître les détails. Après quelques km de montées et descentes, voilà celle qu'on attend : 25 km et 1300 m de dénivelé. On a déjà roulé 55 km à petite vitesse. Il est midi et demi quand on commence et, finalement, la chaleur a raison de nous. Sylvie a une grosse baisse d'énergie et elle s'arrête tous les deux km. Pour finir, on se prépare chacun un litre de sels de réhydratation et après quelques instants, on sent l'énergie revenir. Bientôt, on voit le col approcher, signalé par un gros pylône électrique. On passe entre deux parois mais la route monte toujours. De l'autre côté, une nouvelle vallée s'ouvre devant nous mais la route monte toujours... Le soleil commence à baisser, on pensait que la route descendait pour atteindre le village mais on est toujours à 6km/h. On insulte les ingénieurs qui ont eu la cruauté de construire cette route, ils auraient pu penser que de malheureux cyclistes auraient besoin de réconfort après cette longue montée ! La route monte encore sur 3km après ce qui ressemblait au col. Au bout, on retrouve Carole qui est arrivée depuis 2h. Elle est partie un peu plus tôt que nous, est moins chargée et a un vélo droit, toujours le même refrain. La guesthouse n'est pas très agréable mais ils fournissent un seau d'eau chaude, on apprécie d'autant plus qu'on s'attendait à une douche froide ! La veille on avait cherché Carole sans la trouver et elle a fait de même. Chacun pensait que les autres étaient partis. Elle est arrivée avec deux heures sur nous, les montées étaient donc vraiment raides pour qu'il y ait autant de différence.

Le lendemain matin, réveil à l'aube. La route est moins difficile mais quand même avec beaucoup de montées et de descentes. Sylvie manque faire une crise de nerfs en voyant une énorme araignée noire, petit corps sombre au milieu de huit longues pattes arquées, fièrement agrippée au mur blanc en face d'elle. On est toujours partagé entre appeler quelqu'un pour les tuer (les araignées au Laos sont tellement grosses qu'on ne saurait pas par quel bout commencer !) ou leur laisser la vie sauve. On quitte la chambre, on ne dormira pas avec donc elle peut vivre ! Au bout d'un instant, elle décide que le dessous du lit est une meilleure place et Sylvie profite qu'elle soit hors de vue pour ranger frénétiquement ses affaires. Un foyer plein de charbons ardents (un seau en béton) nous attend au pied de la table du petit déjeuner. On est en haut de la montagne et le village est plongé dans la brume. Quelqu'un nous dit qu'en général ça se lève vers 10h, inquiétude... On commence par prendre un solide petit déjeuner en compagnie de Carole en regardant les nuages passer dans la rue. Kiewkachan est un point d'arrêt pour les bus, les femmes commencent à sortir les étals de nourriture et de souvenirs. On se croirait à Louang Prabang sauf que la rue est poussiéreuse et que les maisons n'ont rien de colonial. Vers 8h30, avec une heure de retard sur notre horaire, on démarre. La brume s'est un peu éclaircie, on ne peut pas attendre que le ciel se dégage complètement sinon il fera trop chaud pour rouler, quel dilemme. Finalement ça s'éclaircit une fois qu'on commence à descendre. On déjeune au village de Phoukoun. A la jonction avec la route 13 qui descend sur Vang Vieng et la route 7 qui part à l'est vers Phonsavan et la plaine des jarres, cette petite bourgade est très animée. Un groupe de femmes se serre autour de la borne kilométrique au milieu du carrefour. C'est, semble-t-il, le meilleur endroit pour vendre des légumes. Trois motards font réparer une de leurs motos au garage du coin. Deux bus de touristes s'arrêtent : l'un ne contient que des Asiatiques, l'autre, que des falangs. Tout le monde prend force photos avant de remonter dans le bus et repartir. On les plaint un peu : nous, on peut s'arrêter quand on veut, du début à la fin de la journée. Mais on se souvient quand on se sentait contraints de prendre des photos parce que c'était le seul arrêt de la journée... C'est avec un sentiment de privilégiés qu'on s'attable devant un énième pheu. Il ne nous reste plus que 30 km et après, la journée est finie, et après, tout le monde nous a dit que la route était beaucoup plus facile ... On a le même sentiment qu'un enfant qui termine ses derniers haricots verts en louchant sur son dessert à l'autre bout de la table ! Sur la route, on croise un Américain qui monte au nord du Laos. On a le profil détaillé pour cette étape mais on s'enquière quand même : 'Il parait que ça monte raide juste avant les sources chaudes ? Non, non, ça ne fait que descendre.' Carole est enthousiaste mais on a quelques doutes, comment un GPS peut-il afficher une pente qui n'existe pas ? En attendant, c'est 25 km de descente qui nous attendent et on en profite. On voit la route au loin, un long ruban argenté scintillant au soleil, comme une éraflure sur le flanc des montagnes vertes. La vue est souvent bouchée par les hautes herbes du bord de la route alors quand on remarque une ouverture, on s'arrête. Une bonne occasion pour refroidir les jantes sur lesquelles on pourrait faire cuire un œuf au plat (ah oui, il y a le léger détail de la gravité) et surtout s'emplir les yeux de la vue. Notre voyage nous a mené à travers des contrées aux paysages variés et souvent extraordinaires mais jamais nous n'avons roulé dans un aussi beau décor. Des montagnes vertes s'étendent à perte de vue, leurs arêtes aigues descendant comme des sillons taillés dans la végétation. L'Asie Centrale regorge de paysages désertiques jusqu'en Ouzbékistan ce qui explique peut-être notre fascination devant tout ce vert... On se fait dépasser par les motards mais on ne les envie pas du tout, on est même heureux de mettre une heure à faire la descente car au moins, on aura vraiment absorbé le paysage. Avis aux cyclistes, cette magnifique portion est entre Phoukoun et Kasi. Les deux derniers km montent, la voilà cette fameuse montée de 14% ! L'Américain ne l'a pas remarqué parce qu'il était en descente.

Nos efforts sont récompensés quand Carole nous hèle : 'Ben, Sylvie, c'est ici !'. On nous avait parlé d'un resort mais on est au Laos. Ce qui est appelé de façon grandiloquente 'resort' consiste en fait en cinq mignons petits bungalows en bois aménagés avec beaucoup de charme. On est agréablement surpris. Pour une fois, l'interrupteur pour la lumière est à côté de la porte et non au fond de la chambre, les rideaux ne sont pas transparents et il y a même une lumière au-dessus du lit. Quelqu'un a réellement réfléchi en construisant ces bungalows! On avise un vélo appuyé au bungalow voisin, c'est celui de Will, un Américain qui remonte le Laos pour ensuite passer au Yunnan avant de redescendre sur le Vietnam. Il est super sympa et son accent et ses manières nous rappellent Dave, le super copain de Ben (avec qui on avait vécu une folle équipée en canoe au lac de Constance). On lui donne rendez-vous pour dîner et on se précipite aux sources chaudes. Quel bonheur, on sent tous nos muscles se détendre, on y passerait bien la nuit. Carole et Sylvie se mettent à deux pour convaincre Ben de rester une journée. Il est impatient d'arriver à Vang Vieng pour boire son milk shake à la banane en face de Friends. Mais ici, il y a un petit balcon avec des tabourets, une vue superbe sur des pics rocheux et un bain chaud en permanence ! On passe une soirée très sympa en compagnie de Will et Carole devant un laap délicieux (salade de viande ou poisson épicée). Will est retraité depuis deux ans et en profite pour pédaler quelques mois par an aux quatre coins du monde.

Le lendemain matin, bien que ce soit jour de repos, on est réveillé à 7h, la force de l'habitude. On prend notre petit déjeuner avec Will avant de lui souhaiter bonne route. Il a à peine enfourché son vélo qu'un bolide rouge nous fonce dessus ... Trish ! La veille, Will nous avait expliqué qu'il avait rencontré Dimitri sur la route de Vang Vieng. Dimitri et Trish avaient eu un accident mais on n'avait pas plus de détails. On pensait que Trish avait pris un bus vu que Dimitri était seul. On salue Will et on s'attable avec Trish et Carole pour un deuxième petit déjeuner. L'accident a eu lieu juste après Kiewkachan. Trish a glissé sur la route en descente et Dimitri, qui arrivait juste derrière, s'est étalé sur elle. Un couple de Canadiens en tandem s'est arrêté pour les aider puis ils sont repartis. A en juger par les photos, Dimitri est le plus abîmé des deux. C'est la deuxième fois qu'il s'étale sur Trish, il ne devait pas être très content. Trish continue son récit, toute excitée. Elle comptait prendre un bus de Phoukoun pour Phonsavan et s'est vue offerte un lift par deux motards. Elle nous montre toutes les photos qu'elle a prise sur le trajet et on comprend vite qu'elle a un nouvel amour : une moto BMW GS ! On lui conseille d'aller soigner ses contusions dans les sources chaudes. Elle hésitait à continuer mais après une heure dans les petites piscines, elle décide de rester. On passe une journée de total farniente, entre les sources chaudes, le petit resto en face et notre petit balcon où on assouvit notre fringale de lecture (et d'écriture pour Sylvie). En milieu d'après-midi, notre tranquillité est dérangée par deux cyclistes. On se pensait seuls au monde, mais non. Ils sont Hollandais et pédalent un mois par an. Ce sont donc six cyclistes qui s'attablent ce soir-là dans ce petit endroit perdu du Laos. Il y a aussi un couple à moto, arrivé un peu plus tard.

La route continue à monter et descendre le lendemain mais les pentes n'excèdent jamais 1 ou 2 km et derrière une montée, il y a toujours une descente. A mi-chemin, on croise un couple canadien de Vancouver (tous les Canadiens qu'on a croisé jusqu'à présent étaient de Vancouver à part Benoît !). Eux aussi voyagent plusieurs mois par an à vélo, décidément... Ils remontent le Laos et passent en Chine. Ils sont sur des Bike Friday, vélos pliants avec des roues de 20 ". On n'aurait pas pensé à ce genre de vélo pour voyager. L'avantage c'est que ça rentre dans une valise et personne ne se doute que c'est un vélo au moment de prendre l'avion. On bavarde une demi-heure puis l'un de nous bat le rappel, la route est facile mais il faut quand même arriver avant la nuit. On se dirige vers un mur de pics rocheux, digne d'un décor du Seigneur des Anneaux. On a du mal à croire qu'il n'y ait pas de dantesques montées mais la route se faufile entre les pics. Passé les pics, la route est plus droite, plus de courbes. Sylvie avise une magnifique descente toute droite et toute lisse, battre un record est tentant. Pour une fois, elle lâche les freins et regarde, grisée, la vitesse grimper sur le compteur : 50...55...60... Quand soudain, il n'est plus question de battre un record mais de limiter les dégâts : un énorme trou, comme une déchirure dans la route, arrive à toute vitesse sur le vélo. Trop tard pour obliquer à gauche, Sylvie freine, le vélo part sur le côté et c'est la chute. Les sacoches du dessous amortissent le choc et Sylvie se réceptionne sur les mains et les genoux. Plus de peur que de mal. Elle fonce regarder le compteur pendant que Ben inspecte le vélo. 64km/h, la vitesse du dernier record, dommage ! Le vélo n'a pas souffert. Il y aurait eu plus de dégâts physiques sur un vélo droit ! On retrouve Trish et Carole quelques km plus loin. Comme d'habitude, Sylvie a le nez dans le guidon et elle n'entend pas les appels et les coups de sifflet. Elle en est quitte pour remonter sur un km. Soupe aux nouilles dans une petite échoppe et, pour une fois, on a un dessert, des beignets de banane. La route jusqu'à Vang Vieng est dans un état épouvantable. L'état a apparemment décidé de refaire la route, intention louable. Mais la réalisation tourne au cauchemar. Tous les 100 m, la route a été défoncée, on roule sur de la terre et d'énormes cailloux avant de passer un rebord et revenir sur une portion lisse. Rebelote, 100 m plus loin. On râle, pourquoi refaire une route tous les 100 m et non sur une portion continue ? Par endroits, la route a été damée et, oh horreur, une fine couche de goudron frais recouvre la terre battue mais les voitures roulent dessus, étalant le goudron. Nous, on se débrouille pour passer à côté.

Vang Vieng est bien telle qu'on nous l'avait décrite, Sodome et Gomorrhe comme on l'avait surnommée avant même d'arriver. Des étrangers déambulent dans les rues maintenant goudronnées, les filles en minishort ou même juste une chemise transparente passée sur un maillot de bain, les hommes torse nu et pieds nus ... on a honte d'être falangs. La rue est principale est bordée de restaurants, tous sur le même modèle : de gros coussins et des tables basses et un écran géant projetant les séries de Friends ou des Simpson. On revoit les deux Suisses qui ont pris le bus jusqu'à Kasi, leurs freins ne fonctionnent plus donc ils évitent les descentes raides. Ils nous indiquent où trouver Dimitri, il s'est réfugié de l'autre côté de la rivière, dans un petit bungalow paisible. Il porte encore de belles balafres, celles sur le front sont assez impressionantes. Peu désireux de participer à l'orgie, on va se coucher tôt.

Le lendemain, on part vers midi avec Dimitri. Trish est partie tôt et Carole une heure avant nous. On profite de Friends pendant une heure ou deux avec un shake citron-menthe puis, à l'heure la plus chaude, on reprend la route. Cette fois-ci, on manque s'arracher les cheveux. Le goudron frais recouvre toute la largeur de la route, les voitures passent sans trop de précautions, on est obligés de descendre et pousser les vélos sur le côté de la route. L'idée de nettoyer des vêtements tachés de goudron ne nous enchante pas. On retrouve Carole 25 km plus loin. Elle a déjà fait le tour des guesthouses pour comparer. On se décide pour celle au bord du lac, juste à côté du marché aux poissons. On termine l'après-midi sur la terrasse en admirant la lumière du soleil couchant.

Le lendemain, la route monte et descend sur encore une quarantaine de km puis elle devient presque plate. C'est si facile qu'à midi, on a roulé 60 km et quand on voit la borne 'Vientiane 70 km', on décide de finir dans la journée. On pensait passer par une route plus longue et plus belle mais ce ne sera jamais aussi beau que les magnifiques paysages des montagnes. Dimitri joue le conducteur de tram une dernière fois, Sylvie, Carole et Ben en file indienne derrière lui. A 24km/h de moyenne, on arrive à Vientiane à 16h30. On prend tous les quatre un dernier verre ensemble au Kopchai Deu, le même bar qu'il y a trois ans, en attendant que Brice, le cousin de Ben, vienne nous chercher. 'Youhou, hello ...' c'est Trish, arrivée un peu plus tôt cet après-midi. Dernier verre tous les cinq pour fêter deux mois de joyeux pédalage en Thaïlande et au Laos. Nous restons jusqu'à début janvier à Vientiane avant de redescendre sur Bangkok. Trish, Dimitri et Carole continuent vers le sud.

Publié dans Laos

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