Choisir son vélo de voyage

Publié le par Sylvie

Tout est question de philosophie… et de budget…

Il est souvent difficile de choisir son vélo surtout lorsqu’on n´en a pas fait beaucoup auparavant. Lorsque l’on commence à se renseigner, on se trouve souvent face à un problème : beaucoup de monde voyage à vélo et chacun a son avis en fonction de ce qu’il a lui-même choisi et vécu. En France, beaucoup de magasins de vélos sont orientés course et leurs choix techniques s’orientent vers la légèreté alors qu’en voyage, on recherche du solide. Préférez un vendeur de vélos qui comprenne l’optique ‘voyage à vélo’ pour vous aider dans la préparation. Nous n’avons pas de solutions précises mais plutôt des conseils basés sur notre expérience et celle des cyclistes que nous avons rencontrés. Ces conseils n´engagent que nous et nombreux seront ceux qui auront des avis différents.

N'y connaissant rien en vélo, nous sommes très reconnaissants pour l'aide reçue ... en particulier, nous remercions Rando-Boutique à Paris et Mathieu de Cycles Mazerolles pour leurs précieux conseils.

La plupart des choix que vous faites pour votre vélo sont guidés par VOTRE philosophie du voyage et c’est le plus important. Si vous connaissez votre philosophie, vos choix en seront facilités.

Exemples

- "Je m´en fiche si le vélo casse ou que je me le fait voler, j'en rachète un autre, je ne veux pas me prendre la tête!"

Courez chez Carrefour ou Décathlon et achetez le vélo premier prix.

- "Je veux un bon vélo mais je ne veux pas me ruiner."

Prenez un bon vélo, équipé d´une gamme Shimano LX.

- "Je veux le vélo le plus solide, je ne veux pas avoir à faire des réparations."

Optez pour un vélo haut de gamme du style Koga Miyata équipé en Shimano XT, avec de superbe jantes en 36 ou 48 rayons, des pneus Marathon XR ou Continental Traveller.

- "Je veux voyager confortablement, peu importe ma vitesse, le plus important c'est de me faire plaisir."
Achetez un vélo couché :o)

 

Les vélos en général

Il existe de nombreux types de vélo, mais tous ne sont pas adaptés au voyage au long cours.

Vélo de course

Peu adapté car fragile (cadre, roues, pneus...) et manque de confort.

Vélo de ville

Peu adapté à cause de sa lourdeur et de son équipement un peu trop basique.

Vélo tout terrain

Relativement bien adapté au voyage de par sa structure robuste mais il manque de confort, surtout au niveau du positionnement du corps. Il faut également l´équiper de porte-bagages ou encore (et c´est sans doute préférable) d´une remorque de style BOB.

Vélo de voyage

Evidemment le plus adapté de part sa structure résistante, polyvalente et les réglages possibles pour mieux se positionner (et donc moins souffrir !).

Quelques marques connues : Koga Miyata (WorldTraveller et Randonneur), Thorn, Giant (Expedition), Trek, Kona, Reise & Mueller (Intercontinental).

Vélo couché

Pour nous qui ne sommes pas pressés et qui aimons notre confort, c’est la solution idéale. Les pathologies habituelles du haut du corps, due à l’utilisation fréquente d’un vélo sont moindres voire inexistantes. A noter aussi qu´il n´y a pas de problèmes de stérilité ou de gêne/engourdissement (dus à la selle), comme cela a été constaté chez certains cyclistes en vélo droit. Par contre, nous avons souvent des fourmis dans les pieds. Il faut accepter d´être plus voyant et soumis aux questions et aux rires incessants des gens. D’un point de vue technique, à part le cadre, pratiquement toutes les pièces sont standards.

Nous nous posons toujours la question de savoir si c’est à cause de nos vélos couchés que nous sommes plus lents en montée : nous avons souvent plus de poids que les autres cyclistes et Sylvie prend son temps à cause de ses problèmes de genoux. Lorsque Ben fait la course en montée avec un vélo droit, il ne se fait jamais distancer…

Egalement à noter, un vélo couché est beaucoup plus difficile à transporter et à emballer à cause de son encombrement, en particulier en avion. Et, comme le faisait remarquer nos amis Amanda et Olivier, un autre défaut est que les abeilles ou guêpes ont tendance à remonter dans le short. Eh oui, on pédale les pieds en l’air, alors… :o)

Que ce soit en roues 26x26 ou 26x20 les vélos couchés sont visibles car inhabituels, qu´on arrête de dire le contraire!

Nous avons aussi remarqué que notre petite roue de 20’’ ne passe pas bien dans le sable épais. Nous avons parcouru 7 km dans le sable, un jour, en compagnie d’autres cyclistes sur vélo droit. Nous avons poussé plus souvent qu’eux. Mais ce n’est pas tous les jours qu’on roule sur une piste ensablée.

Quelques marques connues : HP Velotechnik (Street Machine), Nazca (Pioneer, Explorer), Challenge (Seiran, Wizzard), Optima (Condor, Orca), M5, Azub et Greenspeed.

 

Le cadre

Certainement une des parties les plus importantes du vélo.

Acier ou aluminium ?

L´argument le plus convaincant pour l’acier, à savoir "oui, mais si ça casse, on peut ressouder n´importe où!", ne tient plus trop. Les cadres alu actuels sont de très bonne qualité et les risques de casser sont moindres. De plus, l’aluminium est plus léger.

Sur mesure ou pas ?

La plupart des constructeurs comme Koga Miyata, Giant etc. ont plusieurs tailles de cadres qui suffisent amplement pour ne pas avoir à faire du sur-mesure. Les marques comme Koga Miyata savent ce qu’ils font et vous n’avez pas à vous poser trop de questions quant au matériel monté sur le vélo.

 

Les roues

Que de discussions à ce sujet... Une chose est sûre, prenez des bonnes roues (jante-rayon-moyeu). Un rayon qui casse, c’est pénible à remplacer, surtout si c’est sur la roue arrière coté pignons!

Diamètre de la roue : 26" vs. 700

Les roues de 26" sont plus solides (rayons plus courts) et plus faciles à trouver dans le monde. Le confort est largement suffisant (si par exemple, la roue passe dans un trou). Par contre, la 700 est plus roulante.

Jantes et rayons

Prenez au minimum des jantes de 36 rayons. Vous pouvez en mettre plus, jusqu´à 48 pour être tranquille, surtout si vous êtes chargé, mais c’est cher et plus difficile à remplacer (jantes et moyeux de 48 sont moins fréquents)!

Nous avons opté pour une jante à doubles œillets (Rigida Spoutnik), comme on nous avait conseillé, et nous en sommes très contents. Plusieurs cyclistes se sont également dits satisfaits des nouvelles jantes en V (du style Rigida Explorer). Choisissez des jantes hautes, ça raccourcit les rayons.

Ne lésinez pas sur la qualité des rayons. Prenez de gros rayons (nous avons mis du 2.3), renforcés aux extrémités s´il le faut (DT Swiss est une des meilleures marques).

Moyeux

Encore une fois, prenez du bon matériel. Sans aller jusqu´aux super moyeux de DT Swiss, les moyeux Shimano XT ou LX sont parfaits (XT est la gamme au-dessus de LX).

 

Les pneus

Encore une fois, c’est une question de philosophie: vous voulez aller vite ou vous voulez quelque chose de durable et qui résiste à tout. Plus le pneu est fin et lisse, plus il est roulant ou ‘rapide’. Plus il est large et cramponné, plus il est tout terrain et résistant. La plupart des pneus de vélos de voyage sont d’excellente qualité, renforcés au kevlar pour éviter les crevaisons.

Quelques marques connues : Schwalbe, Continental et Michelin.

Chez Schwalbe, le plus répandu pour les voyages à vélo est le Marathon XR, extrêmement résistant (notre premier jeu a fait 16.000 km). Il existe également le Marathon Plus, très résistant aux crevaisons et plus roulant, mais il est moins résistant et tout terrain que le XR. C´est une excellente solution si vous faites essentiellement de la route. Si vous faites de la piste ou que vous n’êtes pas sûr des routes que vous allez emprunter, mieux vaut choisir le XR.

Une alternative au Marathon XR m´a été présentée récemment par un ami et elle me semble excellente: le Travel Contact de Continental. La bande centrale n´est pas cramponnée ce qui le rend roulant. Les crampons des zones latérales permettent une bonne adhésion sur chemin battu. Il est renforcé pour éviter les crevaisons. Cela me semble être un très bon pneu, polyvalent.

Quel que soit le pneu, sa largeur est très importante car elle définit la surface de la zone de contact avec la route. Plus le pneu est fin et plus la zone de contacte est petite, plus le pneu est dit ‘roulant’. Plus le pneu est large et plus la zone de contacte est large, plus le pneu amortit les chocs ce qui améliore le confort. Si vous ne faites que de la route goudronnée, vous pouvez vous permettre de prendre des pneus fins (37 – 42). Pour la piste, préférez des pneus larges (47 - 50).

Philippe, un des lecteurs du site a eu la gentillesse de nous envoyer un commentaire en ce qui concerne les pneus. Le voici retranscrit intégralement: 

'Ce n'est pas la largeur du pneu, c'est la pression de gonflage qui détermine l'aire de contact.... pour un chargement de 100 kg, la surface de contact est de 10 cm2 à 10 bars, 20 cm2 à 5 bars, etc... Par contre il est vrai que, pour des raisons mécaniques, les pneus étroits supportent des pressions plus élevées que les pneus larges (pour la même raison que les bouteilles et cartouches de gaz sont longues et étroites plutôt que plates et larges...). Un pneu de course ou bien un pneu de VTT gonflés tous les 2 à 7 bars offrent la même surface de contact avec le sol... le pneu de VTT, plus gros sera plus lourd... mais comme il met en jeu une quantité supérieure d'air il sera aussi plus confortable...'

 

La selle

Il en existe de toutes sortes mais la plus répandue chez les cyclo-voyageurs reste la Brooks.

Il vaut mieux prendre une selle suspendue (avec système d´amortissement) si votre vélo ne l’est pas. Nous avons également entendu parler d’une selle avec un trou au centre (spécial homme !), plus confortable que la Brooks d’après les cyclistes que nous avons rencontrés.

 

Le guidon

Très important car c’est lui qui définit votre position et donc votre confort.

Le guidon doit pouvoir se régler dans toutes les directions. Préférez des extrémités des manettes larges et rembourrées car c’est sur cette partie de la main que tout le poids repose.

Les guidons papillon disposent de plusieurs positions ce qui est très appréciable car elles permettent d´alterner la position des mains et du dos et donc se soulager en variant les points d´appui.

Quelques marques connues : Modolo.

Sur un vélo couché, on a le choix entre 'guidon au-dessous' et 'guidon au-dessus'. Après quelques essais, nous préférions nettement le guidon bas. La cage thoracique est plus ouverte, on se sent moins oppressé, les bras sont détendus et la vue est magnifique! Et puis, quelle sensation géniale en descente, on a l'impression d'être un pilote de vaisseau intergalactique…

 

Plateaux et pignons

Comment ça marche

Le choix des plateaux et des pignons est très important puisque c’est la combinaison de ces deux éléments qui définit le rapport entre la force que vous exercez sur les pédales et votre vitesse. Plus le plateau est grand et le pignon petit, plus vous forcez mais aussi avancez, c’est idéal dans les descentes. Au contraire, plus le plateau est petit et le pignon grand, plus vous moulinez, c’est idéal dans les montées.

A savoir : il ne faut pas croiser grand plateau et grand pignon, et vice versa (petit plateau et petit pignon), c’est mauvais pour la chaîne.

Il est bon de pouvoir maintenir un rythme de ~90 tours/min sur le plat et de ~60 tours/min en montée.

 

Le choix des plateaux et pignons

La plupart des vélos sont équipés de 3 plateaux et de 8 ou 9 pignons. La chaîne est différente pour les vélos à 8 ou 9 vitesses. On dit souvent que les 8 pignons sont plus répandus mais je pense que cela change vite et il devient de plus en plus facile de trouver du 9 pignons.

Pour les plateaux, suivant votre niveau/force et le relief que vous aurez à affronter, vous pouvez choisir du 52-42-32 pour les cyclistes plus "forts" ou les terrains plats ou du 44-32-22 pour les plus "faibles" ou terrains en pente (c’est notre cas!). Certains descendent jusqu’à 20 ou même 18 dents (plateaux pour VTT). Un plateau de 52 est utile pour aller vite dans les descentes mais le poids de vos sacoches vous entraînera de toute façon dans la pente. C’est pour cela que nous pensons qu’un plateau de 52 n’est pas nécessaire en voyage. Par contre, un plateau de 22 est très utile pour éviter de forcer sur les genoux dans les montées.

Quelques marques connues : Shimano, SRAM, et Spécialité TA (le top mais plus cher).

 

Pédalier et pédales

Deux paramètres à prendre en compte :

Taille des manivelles

Il y a beaucoup de littérature à ce sujet et vous trouverez facilement la taille de manivelles qui correspond à votre longueur d´entrejambe (il existe des tables sur internet). La plupart des vélos sont équipés de manivelles de 175 ou 170 mm, pas forcément adaptées à tous les cyclistes.

Même si beaucoup disent que c’est un paramètre peu important, nous pensons le contraire, en particulier si vous avez des problèmes de genoux. Nous avons diminué la taille des manivelles afin de limiter la flexion des genoux, au détriment du couple exercé, mais cela n’engage que nous (certains nous ont pris pour des fous !).

 

Fixation des pieds sur les pédales

Là encore, les avis sont partagés et le mieux est d´essayer vous-même. En gros, il existe 3 solutions:

- Une pédale toute simple sans cale: vous pouvez porter des chaussures normales mais votre pied bouge et vous ne pouvez que pousser sur la pédale.

- Une pédale équipée d´un cale-pied: vous pouvez porter des chaussures normales, votre pied bouge moins et vous pouvez également tirer sur la pédale.

- Une pédale équipée de cale SPD: votre pied est bien calé et vous pouvez transmettre un maximum de puissance à la pédale en tirant dessus. Le désavantage est que vous devez prendre une chaussure spéciale avec une cale en métal en dessous (plus cher que des cale-pieds simples).

Nos pédales Shimano tout-terrain SPD ont un côté pour insérer la cale et un côté plat (certains préfèrent rouler sans cales quand il y a de la circulation par exemple).

Nous sommes très contents de ce système même si cela veut dire porter une paire de chaussures supplémentaire sans cale (la semelle d’une chaussure à cale est plus rigide donc moins confortable pour marcher et on risque d’abîmer les cales). Grâce aux cales, nos performances se sont bien améliorées. En vélo couché, c´est d´autant plus important que les pieds ont tendance à tomber car ils sont en hauteur (les cales nous évitent de ‘porter’ nos jambes).

 

Dérailleurs

Avant

Peu importe le dérailleur, c’est une pièce très simple.

Arrière

C’est une pièce très importante, mieux vaut choisir de la bonne qualité. Les dérailleurs Shimano LX ou XT sont très bien (XT est la gamme au-dessus de LX). Il vaut mieux prendre les nouveaux modèles à rapport inversé car la position de repos du dérailleur (ressort détendu) correspond au plus grand pignon, ce qui est plus facile pour démarrer.

Il existe une alternative aux dérailleurs à cassette/pignons, une véritable boîte de vitesse pour vélo: le Rolhoff. C´est une pure merveille mécanique et Rolhoff garantit le remplacement des pièces partout dans le monde. Le hic, c’est le prix : aux alentours de 1000 €. Rolhoff n’offre que des moyeux pour 32 rayons.

 

Attention ! La patte de dérailleur est spécifique à chaque type de vélo. Emmenez-en donc une de rechange par vélo. C’est rare (pour nous, une fois en deux ans) mais quand ça arrive, vous ne pouvez pas rouler à moins de remplacer la patte.

Un problème (spécifique aux vélos couchés) qui peut arriver sur la piste, à cause des vibrations : le guide plastique de la chaîne (vélo de Sylvie) a glissé vers l’arrière (les fixations se sont relâchées) et s’est pris dans le dérailleur. La patte de dérailleur a cassé, c’est une pièce fusible qui protège le dérailleur. Heureusement, nous en avions une de rechange car c’est arrivé sur de la piste au beau milieu de nulle part.

 

Freins

Encore un choix difficile... Il n´y a pas d´option parfaite, il faut définir vos priorités.

Frein en V à câble mécanique

L’option la moins chère et la plus répandue dans le monde. C’est la solution la plus simple. Les désavantages sont un freinage plus faible et un temps de réglage du patin de frein par rapport à la jante plus long.

 

Frein en V à câble hydraulique

Plus cher et plus difficile à réparer en cas de casse mais c’est quand même du matériel très solide. Les avantages sont un meilleur freinage et  un temps de réglage très court.

 

Frein à disque hydraulique

Plus cher et peut être moins répandu, bien qu’on en ait vu presque partout où l’on est passé. Le gros avantage est la qualité du freinage. Les désavantages sont, selon moi, un réglage parfois difficile, une roue spéciale donc plus difficile à trouver et l’hydraulique, difficile à réparer. Mais, encore une fois, les bonnes marques comme Magura font des câbles d´une excellente qualité.

Nous avons opté pour l´option 1 mais après avoir vu l´option 2 je pense que c´est la meilleure. La qualité et le confort du freinage, ainsi que le réglage facile sont de très gros atouts et, vu la qualité de l’installation, je ne pense pas que cela casse facilement. Par contre, c’est beaucoup plus cher.

Quelques marques connues :

Option 1 : Avid, Shimano

Options 2 et 3 : Magura est excellent

La vitesse d’usure des patins de frein est fonction de la qualité de la route (usure rapide par temps de pluie sur route en terre à cause des graviers sur la jante) et du nombre de descentes. Les patins de rechange sont lourds (nous transportons l’ensemble complet pas seulement la gomme) et se trouvent assez facilement. Un jeu AV+AR de rechange par vélo suffit pour un an.

Pour freiner, on y va par à-coups pour éviter d’échauffer les jantes. C’est rare mais c’est arrivé à un cycliste que nous connaissons : dans une descente longue et raide, la jante a chauffé et la chambre à air a explosé. Dans les longues descentes, nous nous arrêtons pour refroidir les jantes (5 min suffisent).

Si vous freinez sur route humide en descente, la roue arrière chasse très facilement. Aucun problème une fois que le vélo est chargé, le poids stabilise le vélo.

 

Porte-bagages

Tous les cyclistes à vélo droit que nous avons rencontré ont des porte-bagages Tubus. Pour les vélos couchés, la plupart des vendeurs ont leur propre design.

Publié dans Infos pratiques

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