Fleuves de France et d'Allemagne

Publié le par Sylvie

Gardanne - Grenoble ... 14/04/08 au 30/04/08

Départ lundi après-midi de Gardanne. La journée est bien avancée, nous n'atteindrons pas Rognes ce soir et il y a peu de chance de trouver un camping sur la route ... ça commence bien!
Après une vingtaine de km, nous nous arrêtons à une grande maison et demandons s'il y a un camping ou même un champ où nous pourrions planter la tente ... rien de rien!
Heureusement Michel et Clarisse nous ouvrent généreusement leur porte et nous campons sur leur pelouse. Ils nous invitent également à dîner et nous passons une super soirée avec eux et leurs 3 enfants à parler voyages, famille etc ... jusqu'à une heure du matin! Le lendemain matin, ils nous invitent pour le café.
Un grand grand merci pour votre hospitalité, cela fait chaud au coeur un premier jour de voyage!
Mardi soir étape à Rognes chez Laurence et Olivier dans leur petite maison au milieu de la pinède. Olivier n'est malheureusement pas là mais Laurence nous gâte: dîner aux chandelles et croissants et café le lendemain matin ... vraiment le voyage commence bien! Merci Laurence pour cette super soirée!
Nous roulons ensuite le long de la Durance, petits villages de maisons en pierre perchés sur la barre rocheuse au-dessus de la rivière.  Le déjeuner s'avère un peu compliqué:  les magasins sont fermés entre midi et 15h ... tant pis, on se rabat sur une pizza mmmmm
On déchante un peu le soir: arrivée au camping de Cavaillon à 2 pas de la rocade ouh ... On repart vite le lendemain pour arriver à Vedène où on s'arrête pour un peu de repos.
Nous faisons connaissance avec Catherine, Klaus-Dieter, Cyrille et Fabien ... et Fanny leur petit chien :o) Ils nous abordent, intrigués par les vélos. Le lendemain matin, ils nous invitent pour le petit-déjeuner ... on passe un bon moment puis ils partent visiter Avignon et nous, lessive ...
Le temps se gâte tellement que nous décidons de ranger toutes nos affaires pour pouvoir si besoin les emmener rapidement au sec aux sanitaires. L'herbe est clairsemée sur notre emplacement et la pluie tombe tellement que des flaques commencent à se former autour de la tente ... Ben et Klaus-Dieter partent faire des courses puis on dîne tous sous leur tente, le bonheur de pouvoir se tenir debout à l'abri et de manger assis! Inquiets de la violence du temps, nous rentrons à la tente et nous apprêtons à passer une nuit de veille. Klaus-Dieter arrive peu après et nous propose de mettre toutes nos affaires dans leur voiture ... on dort bien finalement!
Samedi, nous rejoignons enfin le Rhône et changeons également de département, on entre dans le Gard, on a l'impression d'avancer tout d'un coup! La remontée est très agréable, surtout quand on longe des petits chemins sur les îles, un peu moins quand on est sur la nationale ...
Le vent devient très violent, la pluie s'y met ... arrivés à Viviers nous nous renseignons pour un camping, rien donc nous continuons sur Chateauneuf du Rhône. Là on apprend qu'il y a effectivement un camping à Viviers, grrrrrr, demi-tour sous la pluie!
Accueil très chaleureux par le responsable qui nous conseille de camper sous le préau. On arrange la tente entre des tables et on dort au sec en écoutant la tempête qui fait rage, quel bonheur!
La deuxième semaine se passe à remonter le Rhône en alternant petites routes et nationale.
Beaucoup de rencontres tout au long de la route ... les cyclistes nous saluent, les camionneurs klaxonnent ou font des appels de phares et les piétons nous regardent ébahis ou intéressés ...
Nous apprécions grandement le guide "Du lac Léman à la mer Méditerranée" pour son itinéraire judicieux.
Nous prenons le train à St Rambert d'Albon pour rejoindre Grenoble ou Albane (soeur de Sylvie), Benoît, Yann (frère de S & A) et Karolien nous attendent.
Aventure malheureuse à la gare, un train non annoncé passe à pleine vitesse et mon sac de couchage, aspiré par le souffle, roule sous le train. Nous regardons horrifiés le duvet s'envoler ... De Grenoble, Ben va passer une journée à Lyon, nouveau duvet (Valandré Blue 600) et un vendeur du Vieux Campeur lui répare une pièce défectueuse du réchaud ... merci le Vieux Campeur!
Quant aux roues tant attendues, elles n'avaient pas les bons moyeux. Nous avons donc re-commande les roues à Rando-boutique (un grand merci pour être aussi réactif et venir à notre secours encore une fois!). Les roues arrivent trois jours plus tard ... merci aussi a Renaud de Generation velo pour son aide!

Grenoble - Lac de Constance ... 14/04/08 au 17/05/08

Nous quittons Grenoble le jeudi après-midi, belle descente de 6km, voilà de quoi nous remettre en jambes! Sylvie bat le record avec une pointe à 40km/h. Ben est un peu plus prudent, il a encore en tête la chute d’Olivier avec la remorque. La traversée de Lyon à vélo ne nous attirant pas, nous prenons un train jusqu'à Villefranche s/Saône et nous passons la nuit au camping au bord de la Saône. Le voyage en train est encore épique, pas évident de changer de voie en 10 min avec 2 vélos, 6 sacoches, une remorque … heureusement, des gens nous prennent souvent en pitié et nous aident !

Le lendemain nous longeons la Saône, temps ensoleillé, nous empruntons le chemin de halage, en plus ou moins bon état mais nous sommes à l’abri des voitures. La Saône est plus agréable que le Rhône, pas de gros barrages hydro-électriques, beaucoup de pêcheurs et de cyclistes … A Crèches s/Saône, Michel, l’oncle de Sylvie, descend nous chercher avec son camion. On monte les vélos chargés directement, c’est plus facile que le train ! On passe 2 jours très agréables chez Michel et Myriam et on a même l’occasion de revoir Tanneguy et Mirabelle, les cousins de Paris ! Et Ben a son beau morceau de viande rouge miam :o) merci Michel !

Nous battons ensuite un autre record, de distance cette fois-ci, 64km de Pruzilly a Tournus ! Nous sommes rassurés, nous allons être capables de tenir notre moyenne de 55km/jour. Tournus est une jolie petite ville au bord de la Saône. Le camping est tenu par un Anglais, ah c’est presque un compatriote ! Le lendemain nous trichons et prenons le train pour Dole. Nous tentons de rattraper les Jolivot qui sont partis pour leur tour du monde il y a 2 jours, de Poligny (Jura). Le trajet passe vite, un des contrôleurs se passionne pour notre voyage et nous bavardons près d’une heure ! Arrivés à Dole, nous avons vraiment changé de région, les maisons sont différentes et les clochers ont des tuiles multicolores comme les toits des hospices de Beaune. Coup de fil aux Jolivot, ils ont déjà passé Besançon ! On va foncer …

Dole marque nos débuts sur l’eurovelo6, un des itinéraires cyclistes européens. Nous changeons également de rivière, nous longeons maintenant le Doubs. La route est plus ou moins réservée aux cyclistes, quel plaisir ! Les seules montées sont pour passer des ponts ou des écluses. Quelques maisons le long de la rive, cabanes de pêcheurs, maisonnettes pour le week-end et même résidences principales … Nous commençons à croiser des rando-cyclistes, plus seulement des fous de la vitesse mais des gens comme nous avec des sacoches et même des remorques ! A Besançon, un magasin a ouvert il y a un an lorsque la véloroute a été mise en service. Le Relais velo loue des vélos droits ainsi que des vélos couchés et même des trikes ! Accueil très chaleureux par le propriétaire, photo pour le site, nous sommes ses premiers voyageurs de la saison !

Plusieurs rencontres intéressantes sur la route : un couple assez âgé, passionné de voyages et de marche, nous regrettons de ne pas avoir pris leur contact ! Une dame à la cafétéria s’intéresse à notre voyage, son fils a habité 4 ans a Londres, elle compatit pour nos parents qui s’inquiètent probablement et nous comprend en même temps … Il y a aussi ces 2 Allemandes qui ont fait le Danube à vélo l’an dernier en 6 semaines, ouh là …

Coup de fil aux Jolivot, enfin on les rattrape ! Ils prennent un jour de repos et nous attendent à Belfort. Grandes retrouvailles, ils ont mis les bières au frais ainsi que du Crémant et ils nous invitent à diner : saucisse de Montbéliard, cancoillotte et pommes de terre. Echanges passionnés, nous avons suivi la même route depuis Dole : ‘comment vous avez fait pour cette montée ? vous avez dormi ou ? …’. C’est leur première semaine et 2 de leurs enfants, Jules (12 ans) et Faustine (9 ans), roulent avec des sacoches. Ils ont quand même roulé entre 30 et 50km par jour. Marick ne pédale que quand on essaye de dépasser le tandem, c’est bon à savoir ! Le lendemain, nous roulons sur Mulhouse, encore une bonne étape, 50km. La route longe toujours le Doubs et est quasiment plate. On roule en moyenne à 12-15 km/h. Florence et Joël sont devant, Sylvie et Faustine bavardent derrière et Ben et Jules ferment la marche. Ben a promis à Jules de lui raconter toutes les blagues qu’il connait, les voila bien occupés ! Grosse pause déjeuner sur le parking d’un supermarché. C’est plus difficile de démarrer à 7 qu’à 2, il y en a toujours un qui n’est pas prêt ! Mais c’est aussi plus amusant, on bavarde, on échange sur le voyage et on voit aussi des organisations différentes. Florence prépare une salade le soir pour le lendemain midi, de cette façon ils mangent équilibré tandis qu’on carbure aux sandwiches …

Le lendemain, on est censé se séparer mais on part tellement tard qu’on décide de passer la frontière allemande et de faire un dernier camping ensemble. Le camping ressemble plus à un camp de vacances : bar, mini-golf, piscine, petit magasin … Tiens, on va prendre notre jour de repos ici ! Nous célébrons notre premier pays étranger au bar. Joël ne ramène pas Ben bourré sur le tandem mais finalement ca nous va aussi bien avec Florence !

Nous disons au revoir à la famille Jolivot le lendemain, ils descendent le Rhin vers le nord et nous descendons vers Bale. Premier contact avec l’Allemagne en tant que cyclistes, nous sommes impressionnés. Des panneaux indicateurs jalonnent les itinéraires cyclistes avec directions et distances. Les pistes cyclables serpentent à travers champs et forets ou, plus rarement, sont indiquées au sol, sur la route. Parfois aussi, la piste est parallèle à la route, à 3 ou 4m de distance. Week-end du 8 mai, on dirait que l’Allemagne entière est à vélo ! Familles avec enfants sur des petits vélos ou dans des remorques, groupes d’amis, couples, retraités … Le vélo est un mode de déplacement à part entière ici, les gens font leurs courses, vont à la piscine, en ville, à l’école, en vacances … à vélo.

L’architecture a changé aussi. Bale nous séduit avec ses hautes maisons étroites et colorées, ses petites ruelles pavées, ses fontaines d’eau fraiche. La rive gauche du Rhin est bordée de terrasses de cafés, les citadins profitent du soleil aujourd’hui. Nous mettons quelque temps à traverser Bale, les villes sont toujours compliquées à vélo !

Les villages suisses ont un air traditionnel avec leurs maisons blanches à colombages rouges et leurs chalets en bois. Les villages allemands sont plus modernes mais tout aussi paisibles. Ici, pas de hauts murs autour des maisons, des petits jardins bien entretenus ou de petites barrières en bois délimitent les terrains et donnent un sentiment d’espace et d’unité. C’est peut-être pour cela que les gens semblent se parler si facilement et que les enfants jouent dans la rue en sécurité … Le chant des oiseaux nous accompagne tout du long que l’on soit dans les champs ou dans les zones résidentielles bordées d’arbres.

La route le long du Rhin passe par la Suisse et l’Allemagne. Nous passons fréquemment la frontière mais les douaniers n’arrêtent que les voitures et avec nonchalance … Ne connaissant pas le cours du franc suisse, nous avons retiré un peu trop. Du coup, nous les écoulons en campant coté suisse … mais ils prennent aussi les euros ! Flute …

Nous sommes un peu éberlués par le patriotisme suisse : drapeaux de cantons plantés devant les caravanes, drapeaux suisses dans les jardins, sur les voitures … L’accueil est chaleureux que ce soit coté suisse ou allemand. On nous jette toujours des regards curieux mais au moins on nous épargne les ‘Fainéants, bonne nuit, ne vous endormez pas …’. On regrette d’ailleurs de ne pas parler allemand. Plusieurs personnes nous abordent et on se débrouille avec un mélange d’anglais et d’allemand et en complétant avec des signes … ca marche plutôt bien !

Passé Schaffhausen (que Ben connait bien pour y avoir travaillé pendant plus de 6 mois), surprise, nous rencontrons un couple sur des Streetmachines, les mêmes vélos que les nôtres ! Nous commençons par bavarder sur la route sous l’œil ébahi des passants, 2 velos couchés c’est déjà bizarre mais alors 4 ensemble … Christian et Magdalena font le tour du lac de Constance pendant 2 semaines. Nous nous installons finalement à une terrasse de café et bavardons 2 bonnes heures … heureusement que nous avions prévu une petite étape ! Nous montons la tente en catastrophe au camping de Horn (nom prédestiné ?). L’orage est sur nous et nous avons juste le temps de monter la tente extérieure et de balancer toutes les sacoches à l’intérieur. Ben monte les tendeurs sous la pluie (en cas de vent fort) pendant que Sylvie monte la tente intérieure et arrange tous les bagages … il faut une petite antichambre pour que Ben puisse se débarrasser de ses vêtements dégoulinants sans tout mouiller … La douche est oubliée ce soir-la et nous dinons d’un repas froid : pain, saucisse et maquereaux. Il pleut sans discontinuer toute la nuit et, au matin, nous sommes réveillés par un grand soleil. Le ciel est nettoyé, nous pouvons repartir !

Nous retrouvons Dave, un collègue et meilleur ami de Ben. Il a conduit 8h de Belgique pour venir nous voir ! Nous passons un super week-end ensemble, balade en canoë sur le lac Constance, petit tour en Audi jusqu'à la ville de Constance ou nous dinons ‘allemand’ et buvons plein de bière …

Le lendemain, nous quittons Dave a regret et tandis qu'il rentre en Belgique dans sa confortable Audi A6 (il nous fait envie, on avoue!), on pedale jusqu'a Tuttlingen, notre premiere ville sur le Danube. Journee tres difficile, beaucoup de grosses montees, peu de descentes et de plat et la pluie commence a tomber a partir de 15h ... j'avoue qu'a un moment on est un peu decourages: pedaler a 5km/h sous la pluie, on n'en voit pas la fin! Les douches chaudes du camping nous font tenir le coup ... Mais quand on arrive, le camping est en fait un terrain de gravier envahi par une fete foraine! Il est 20h, il pleut, il fait froid alors on craque, ce soir c'est hotel, il faut bien feter nos 1000 km apres tout! Les proprietaires du Rosengarten hotel sont super, ils ont habite 12 ans en Namibie, on bavarde jusqu'a 11h du matin! On serait bien restes plus longtemps mais le Danube nous appelle ...

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